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Je n'ai rien à cacher (le pseudo-scandale PRISM)

Blog de développement #19 du 9 Juin 2013 (Il y a 4 ans)

Le « scandale » PRISM

Plutôt que de résumer l'affaire, je donne la main à Numérama qui a fait un article un peu exagéré mais bien résumé sur le sujet.

L'actualité ces dernières années à un vilain goût de 1984. Big Brother nous regarde, et tout le monde le sait. Ne vous croyez pas à l'abri en France, on a également le droit à nos propres dérives. Rien de nouveau non plus, la raison pour laquelle la CNIL existe en France est le scandale causé par le projet SAFARI en 1974.

Il semblerait pourtant que, malgré tout ceci, les gens n'en aient absolument rien à faire d'être surveillés. La phrase que j'entends le plus souvent est « Je n'ai rien à cacher ». Moi non plus, mais est-ce une raison pour se soumettre à un scrutin total de notre vie privée ?

Quel mystère fait que les gens sont prêts à faire une révolution quand Microsoft annonce que sa nouvelle Xbox aura une connexion internet persistante et une caméra capable de détecter tous les mouvements, mais restent stoïques quand on leur apprend que l'intégralité de leur activité sur Internet est monitorée ? Les journaux qualifient PRISM de scandale, mais le peuple américain ne réagit pas comme s'il s'en agissait d'un. Il ignore, il a d'autres préoccupations. Docile.



Je n'ai rien à cacher à mon gouvernement

C'est un fait, je n'ai rien à cacher. Je suis prêt à tout montrer à la demande. Je ne fais rien d'illégal, je ne triche pas sur les impôts, je suis un citoyen modèle. Par principe, ça m'embête de donner trop d'informations, mais bon, tant que ça reste entre moi et le gouvernement...

Mon problème est que je n'ai rien à cacher à mon gouvernement actuel. Rien ne me dit que demain, le gouvernement en place ne sera pas remplacé par des fascistes qui profiteront bien des données accumulées par leurs prédécesseurs. Ou qu'il n'y aura pas des fuites/ventes via lesquelles mes données se retrouveraient entre les mains d'intérêts privés.

Marcel X se sert de son Facebook pour débattre du droit de vote des immigrés aux élections locales. Le gouvernement le note en 2013 dans ses fichiers de collecte de données, de par l'usage d'un mot se trouvant sur une liste de messages à conserver (tel que « gouvernement » ou « manifestation »). Aucune conséquence immédiate. 2018, le gouvernement fasciste en place juge et incarcère Marcel X pour son message cinq ans plus tôt. Surréel ? Impossible ? C'est pourtant déjà le cas, un canadien a récemment eu sa vie ruinée pour un simple SMS mal interprété par son gouvernement (lien vers l'article).

Suis-je paranoïaque ? Peut-être bien que oui. Mais je vois dans cette tendance une volonté de se protéger d'un terrorisme imaginaire qui fait beaucoup de dommages collatéraux et marche sur la vie privée des gens au nom de pas grand chose. Les terroristes ne sont pas assez stupides pour planifier leurs attentats sur des sites internet à grande échelle, rien ne justifie cette surveillance.



Big Brother is watching you



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